La quête du Graal, tel était son chemin. Griot depuis la nuit des temps, il traçait sa route pour découvrir le monde. Sur les sentiers pierreux ou les voies navigables, nul obstacle ne l’arrêtait. Toujours en transit d’un village à l’autre, son voyage n’était que fusion avec l’univers. Ressentir les émotions des rencontres, les odeurs, voir et apprécier le moment présent, jour ou nuit, lumière ou obscurité, le ciel, les étoiles, les nuages, sans cesse le reliaient à l’Humanité.

Pour se déplacer, pas besoin de Bentley, ni de bicyclette ou de diligence, seuls ses pieds endurcis par les centaines de kilomètres parcourus trouvaient naturellement leur place dans le sol. Quand son corps réclamait un peu de repos, il s’installait dehors, ou dans une hutte proposée par les villageois. Son confort n’était pas celui d’un château mais celui de la tribu qui l’accueillait : tipi, tente, grenier.

Il transmettait à tous, au-delà des nouvelles, des enseignements de sagesse invitant à la découverte de l’ailleurs, sans peurs, mais avec le cœur. Si l’émotion pouvait, dans son auditoire, déclencher des pleurs, alors il offrait des fleurs, fleurs de musique, de chansons et de poésie.

Il était acteur, l’acteur de sa propre vie, et aussi messager. Son bonheur était le partage et le voyage. A la fois capable de gravité, de dureté tel le granit, mais aussi de légèreté et de joie, il dessinait dans le sable l’autre côté du monde. L’Afrique, San Romano, les Balkans, l’Isère, Paris, il ne connaissait pas tous ces lieux, mais son esprit et son imagination l’emportaient vers des horizons magiques qui le remplissaient de joie et d’espérance.

Catherine F
18 octobre 2017