Chloé Bouzigue, ex-étudiante, chargée de communication

En bref, c’est moi qui m’occupe en général des visuels, flyers, affiches, publications sur les réseaux sociaux, …etc !

 

Pourquoi je suis là ? Comment j’y suis arrivée?

 

C’est une longue histoire.

Parfois, il me semble que j’ai toujours été étudiante… Il faut dire que je me suis accrochée jusqu’au bout, à cet espace nourricier et protecteur : la fac… Je l’ai aimée, de passions et de rage, pendant cinq longues années. Il n’est donc pas étonnant que ce soit grâce à elle que j’ai rencontré l’association !

 

Un banc sur la plage - Maurice Revelli

C’est en 2017, pour mon mémoire de Master II, que je me suis aventurée à Pierre Bénite, dans le local d’Écriture Plurielle. Voici le sujet prédéfini par mes commanditaires : « l’utilisation des outils numériques par les personnes en difficultés avec l’écrit ». J’étais méfiante, presque déjà en colère, comme à mon habitude. Peur que l’on veuille orienter mon terrain par là, que l’on dirige mes réflexions par ici…

Mais ce n’est pas à Écriture Plurielle que j’y ai trouvé mes ennemis. Si j’ai pu travailler sur la question des écrits, sur la marginalisation des personnes et la cristallisation autour de la langue « bien écrite, bien parlée » mais surtout faire suffisamment la paix avec les souvenirs douloureux de l’apprentissage, c’est grâce au cadre qu’offre l’association, où bénéficiaires des prestations -écrivains public et les auteurs-écrivains se côtoient et se mélangent. ( => carnets de bords par là)

 

Pour résumer ( => consultation en ligne ici) : Relations sociales, interactions entre les corps, rapports aux langages, philosophie de la responsabilité et paradigmes des champs des possibles et des impossibles, sont autant d’éléments qui font de ce terrain un espace multiple.

 

Les personnes rencontrées usent du numérique pour une large majorité et se disent ou sont dites en difficulté avec l’écrit. Les outils de la vie quotidienne ne sont pas désignés comme constitutifs de difficultés : bornes interactives, téléphones… Dans ce cas, la difficulté avec l’écrit n’empêche pas l’usage des outils numériques.

 

Cela se complexifie lorsque, à l’inverse, nous considérons le numérique et  » ses choses  » suivant les ressentis exprimés, les représentations endogènes à mon terrain – menace ou opportunité, intériorisée ou mise à distance, etc.

 

Avant même de débuter ce travail, on me souhaitait de «plonger dans ce monde de l’illettrisme». Est-ce un  » monde  » ? Pourquoi (vouloir) en faire un monde ? En convertissant le regard en langage, par la construction de ce document, j’ai, je crois, bien plus pris conscience de l’importance des langages dans la construction des normes, et des séparations des êtres. Si j’ai préféré au «légitimisme», un déconstructivisme, j’espère avoir apporté au lecteur l’expression d’un regard un peu différent, mais surtout d’avoir raconté au mieux l’expérience qui le construit, la rencontre avec ces personnes qui m’a tant marquée.